Monsieur Sékou Oumar Barry nous a fait une très forte impression, le regard intense qui éclaire son visage fin et ridé, nous montre un homme plein de connaissances et de ressources.

Par ses gestes et ses paroles, on comprend qu’il a une vitalité et une force intérieure, il est déterminé et sa rébellion contre la destruction de l’écosystème semble prendre une grande place dans sa vie. Son portait est presque le reflet de « l’homme qui plantait des arbres » décrit par Jean Giono.

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Il est originaire du Fouta mais il a grandi à Conakry, aujourd’hui il affirme qu’il ne pourrait pas vivre là bas plus d’une semaine car Conakry est devenue une capitale très polluée.
Il n’a pu faire que 4 années d’école, mais malgré cela il possède une intelligence naturelle et une grande culture.
En 1958 il s’embarque comme mécanicien dans le premier bateau minéralier Guinéen.
Jusqu’en 1983 il a beaucoup voyagé sur les 5 continents (USA, Cuba, Italie, Australie, Belgique, Japon…). Sa ville préférée est Venise, « 350 îles reliées par 450 ponts !!! ». Il affirme avec un air rêveur que « c’est bon de voyager, on acquiert beaucoup d’expérience »
En 2006, ayant pris conscience du réchauffement climatique en observant les changements de saison dans sa région, il commence à planter des arbres dans la montagne, dans le district de Sebory.

D’un air touché il affirme que si la forêt n’avait pas été détruite, le Fouta serait un paradis terrestre.
Au début, il a été menacé, humilié, battu même parfois par des villageois en désaccord avec son action. Malgré cela il a continué à poursuivre ses rêves.
Il a aussi sensibilisé beaucoup de personnes de son village. Aujourd’hui, Sékou Oumar Barry est chef de district. Régulièrement, en tant que chef, il appelle les villageois à la mosquée et ils viennent l’aider à replanter.
C’est un homme déterminé malgré toutes ses péripéties il a continué à planter des arbres, des pins surtout, des anacardiers parfois, car ils sont plus résistants au feu et produisent des noix de cajou.
Il reconnaît avoir besoin de fonds pour entretenir les forêts car les épines de pins contiennent de la résine qui peut générer des incendies, « c’est comme de l’essence ».
C’est pour les générations futures que M. Sékou Oumar veut préserver la nature et les animaux. Il faut du temps aux arbres pour pousser, le temps d’une génération. Ce travail ils ne le font pas pour eux-mêmes.
Les arbres permettent de retenir de l’eau et de la fraîcheur. En ne plantant pas assez, les sources risquent de se boucher à cause du ruissellement de la boue en saison pluvieuse.
Grâce à Sékou Oumar, les gens ont pris conscience de l’importance des risques de la déforestion et ils ont remarqué eux aussi les changements du climat. Quand il était petit, raconte Sékou Oumar, il faisait beaucoup plus froid au FoutaDjallon.
La section des eaux et forêt gère 196 hectares dans le district de Sebory.
En 2007, ils ont planté 25000 arbres, en 2008 : 10628, en 2009 : 7065, en 2010 : 10959, en 2011 : 12347, 2012 : 11036, 2013 : 11996 !
Son témoignage nous a beaucoup affectés et grâce à lui on a ressenti le besoin vital et impératif de protéger la forêt.
Nous avons rencontré un homme exceptionnel qui a le tempérament d’un héros :
« Pour que le caractère d’un être humain dévoile des qualités vraiment exceptionnelles il faut avoir la bonne fortune de pouvoir observer son action pendant de longues années. Si cette action est dépouillée de tout égoïsme, si l’idée qui la dirige est d’ une générosité sans exemple, s’il est absolument certain qu’elle n’a cherché de récompense nulle part et qu’au surplus elle ait laissé sur le monde des marques visibles, on est alors, sans risque d’erreurs, devant un caractère inoubliable » Jean Giono, L’homme qui plantait des arbres.
Par Fatou Touré et Bibata Traoré

 

The man that planted trees

Mister SekouOumar Barry is a cultured, impressive man. He has an inner strength. He has protected the environment for years.
He comes from Fouta Djallon, but he grew up in Conakry. Today, he disapproves of its pollution and avoids going there. In 1958, he started working as a mechanic on a mineral docker. Until 1985, he traveled the world, visited all 5 continents. He became aware of global warming by observing the changes in his home country, and in 2006 he began to plant trees in the mountains. He has made an effort to tell the people of his village about the problem. He managed to achieve his goal but he had to go though several ordeals: not everybody agreed with his action… He planted pines and cashews, because these two species are resistant.
The trees and the plants keep the earth fresh and help hold the water back during the rainy season. They also prevent mud from clogging the sources.
Nowadays, people in the district of Sebori know the problem of deforestation and global warming which Sekou has been talking about. It is to be noted that this great effort is completely selfless: saving the fauna and the flora by planting trees is for the next generations. The Water and Forest Agency of Sebori district have planted many trees with SekouOumar: in 2007, they planted 25000 trees, in 2008 : 10628, in 2009 : 7065, in 2010 : 10959, in 2011 : 12347, 2012 : 11036, 2013 : 11996 !
We were very moved by his accomplishments and his testimony.
Par Fatou Touré et Bibata Traoré

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