Dalaba, un des coins paradisiaques et verdoyants de Guinée.
Il est 16 heures. Dans la petite cour de l’association des couturières de Tangama, quelques femmes nous attendent. 16 heures, l’heure à laquelle elles retrouvent habituellement leur famille.

Le vent se lève. Des odeurs de cire et de teinture. Une femme, de grande prestance, nous accueille, souriante.

phoca thumb m3 mariamaMariamaDiouldé Diallo, femme de l’ethnie peule, a 55 ans. Elle s’est mariée à l’âge de 19 ans. Ne pouvant plus continuer ses études à cause d’une grossesse et ne voulant pas se retrouver au foyer, sans travail et sans activité, elle décida de créer une association avec l’aide de 5 autres femmes dans la même situation: l’association des couturières de Tangama (ACT). Elle est présidente de cette association qui permet aux femmes, âgées de 15 à 70 ans, de participer activement au « gagne-pain » du foyer. L’ACT a pour but d’encourager les femmes non scolarisées et sans emploi. La cotisation symbolique, de 1000 silis à l’origine (environ 10 000 francs guinéens, soit 1 euro) permet aux femmes, même aux revenus faibles, d’y adhérer.
En 1985, l’initiative de créer une construction pour cette association a été soutenue par les gouvernements Hollandais et Belge. Une somme de 10 000 dollars a été donnée par la Hollande, ainsi qu’une aide de la Belgique, pour la construction des bâtiments. Les femmes de l’association ont fourni 15% des financements. Une fois les travaux achevés, il leur restait un peu d’argent. Étant donnée la situation de ces femmes, elles se retrouvaient toujours avec un ou deux enfants dans le dos et à leurs côtés. Alors, elles décidèrent d’investir dans une maternelle afin de pouvoir garder et éduquer ces enfants. Au fil du temps, les enfants des autres familles de la commune ont été acceptés, entrainant alors les femmes à créer aussi une école primaire. L’ACT étant un lieu de partage et de parole, Mme Diouldé Diallo et ses consœurs se sont aperçues de la nécessité de mener d’autres actions auprès des femmes: Des cours de nutrition, destinés à informer les jeunes femmes qui ne connaissaient pas la valeur nutritive des aliments. Notamment, pour lutter contre les tabous alimentaires, comme la carotte ou le manioc, qui selon les croyances de certaines jeunes femmes, ne permettaient pas de rester vierges. Les cours de planning familial permettent d’apprendre aux jeunes filles les différents moyens de contraception. Car lorsqu’elles tombaient enceinte, elles étaient parfois désemparées, voire rejetées par leur famille.

phoca thumb m1 tissuLes Lépis (lés de tissu traditionnel) sont souvent faits sur des basins. Des motifs y sont imprimés à l’aide d’un tampon, trempé dans de la cire chaude, celle-ci ne retenant pas la teinture. Les basins sont trempés dans de l’eau chaude où la teinture (qui est exportée de Conakry, parfois de Chine) et le fixateur y sont mélangés. Le tissu est ensuite trempé dans de l’eau bouillante afin d’éliminer tout résidu de cire, pour ensuite être trempé dans de l’eau froide afin de fixer une dernière fois la teinture. Les Lépis sont ensuite séchés dans la cour, pendant environ une heure, selon le soleil. Ces derniers sont ensuite exposés dans le magasin de vente de l’association des couturières de Tangama à 35 000 francsGN (3,5 euros) le pagne.

phoca thumb m2 feuillesLa teinture utilisée traditionnellement est faite à base des feuilles d’indigo. L’indigo est un arbre, poussant facilement en Guinée. En effet, les femmes le font pousser dans leur cour, afin de pouvoir se rappeler des techniques ancestrales à tout moment. A l’origine, tous les ingrédients de la teinture de l’indigo provenaient d’ingrédients naturels: mixture de feuilles d’indigo pour la couleur, écorce d’un arbre utilisée comme fixateur. Aujourd’hui, la concurrence des produits chimiques importés est trop rude, et pour pouvoir vendre et faire une petite marge sur leurs ventes, les femmes sont obligées de les utiliser…

Par Linda Lahlou et Linda Martin, Photos: Linda Martin

 

Unforgettable Feminism


As part of a school trip to Dalaba, we visited a women association. 55 year-old MariamaDioulde Diallo, the creator of this association received us, to tell us her story. She got married at 19 and got pregnant so she couldn’t continue her studies. She didn’t want to stay home doing nothing. She wanted to help her husband, giving some money for the household and being independant so she decided to create this association, in 1985: “the Association of Tangama’s seamstresses”. To encourage her to develop, she had funding from some embassies ( 10 000 dollars- from the Netherlands and from Belgium, for the buildings). Once the constructions were done, she still had money and she used it to build a kindergarten for the seamstresses’ children. When the women came to work, they had to keep their children with them because they couldn’t leave them home. As the time went by, other moms wanted to register their child, a primary school was also created and MrsDioulde decided to make the school available to the other children of the village.
In the association, 165 women were trained in different fields:
● Dyeing: They learnt the basics of dyeing, and sell their creations
● Knitting: Their first works were woollen sweaters, for babies because the climate was very cold in Dalaba.
● Nutrition: The nutrition classes were intended to inform young women who didn’t know the nutritional value of food.
● Literacy: they learn the basics of the French language to be able to communicate with the consumers and other people.
They create Bazinlépis and the patterns are made with wax. Then, the Lépis are soaked in colored hot water. After that, the pieces of cloth are dried under the sun for approximately 30 minutes to 1 hour. The dye was originally made with indigo, from the leaves of tree which grows in Guinea, but today, international competition forces the women to use cheaper, faster, but more polluting chemicals…
The courage and determination of these women helped eliminate the sexist view of women in society in Guinea, especially in Dalaba where the seamstresses set a powerful example.
By Lina Lahlou and Linda Martin, Photos: Linda Martin

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