Le village de Douprou, qui est situé à quelques kilomètres de Boffa, est entourée d’une vaste plaine à perte de vue et de plusieurs autres villages avec un kilomètre les séparant chacun. C’est le lieu de résidence de producteurs de sel. La rencontre avec la communauté locale et les différentes coopérative sur le terrain nous a permis

d’apprendre et de constater par nos propre moyens les avantages du sel solaire comme les inconvénients de l’ancienne technique.

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Salicultrices de la coopérative de Douprou
La technique du sel solaire, encouragée depuis de nombreuses années par la coopération avec la Charente Maritime, est une activité économique moderne permettant aux saliculteurs d’obtenir le sel par évaporation de saumure (eau concentrée salée) grâce aux bâches noires. Contrairement à l’ancienne technique ignigène (faite par le feu), appliquée depuis toujours dans la région, la nouvelle technique ne joue pas sur l’environnement.
Bengali Camara, producteur de sel solaire, raconte qu’avant, du temps de son père, ils parcouraient moins d’un seul kilomètre pour chercher le bois, mais , depuis 15 ans , la mangrove, qui est une forêt tropicale humide, et dont le bois est très utilisé pour la production de sel ignigène , s’est peu à peu éloignée jusqu’à disparaitre complètement parfois . Aujourd’hui, ils sont obligés de parcourir 6 km pour pouvoir avoir du bois. Maintenant qu’il a opté pour le sel solaire il produit beaucoup plus de sel avec beaucoup moins d’effort.

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La mangrove s’éloigne

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Une lourde charge

 

Les femmes, qui auparavant travaillaient jusqu’à l’épuisement, et s’occupaient des tâches les plus ardues ( porter des fagots de bois de plus de 30 kg sur des distances supérieures à 5 km ), peuvent aujourd’hui vaquer à des occupation diverses .

 

Mais au-delà de l’aisance qu’apporte cette nouvelle technique, elle permet aux femmes de rester en bonne santé, en effet, la déshydratation de la saumure sur des feux dégage des vapeurs de chlore toxiques. La consommation de sel ignigène peut aussi provoquer des goitres à cause d’une carence en iode (le sel ignigène retire l’iode du sel).

 La coopérative Charente maritime mène donc des actions de sensibilisations afin que les populations délaissent l’ancienne technique.
Les étapes de production du sel solaire sont très différentes de celles des techniques traditionnelles :

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Tout d’abord on doit préparer la saumure qui est un mélange très concentré en sel (on met dans un entonnoir de feuilles une terre remplie d’eau de mer puis on la remplit encore avec de l’eau de mer, le mélange obtenu s’appellera la saumure)
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Ensuite on met la saumure sur le feu dans une sorte de bac
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Tandis qu’avec le sel solaire, on installe tout simplement des bâches de 10m2 à évaporation après les avoir achetées 40 000 GNF (5 euros). 

phoca thumb m2 img 7La saumure se concentre en sel en séjournant dans une succession de bassins. On verse la saumure sur une bâche avant de laisser agir le soleil et le vent. Une bâche de 10 m2 produit de 15 à 20 kg de sel tous les deux jours. La technique traditionnelle ne permet pas de produire de grosses quantités à la fois.
Enfin après l’évaporation de la saumure, on récolte le sel, on le stocke dans des petits greniers ou dans de nouveaux entrepôts en ciment (financés en partie par la Charente maritime et la fondation Rio Tinto), qui permettent de stocker plus de sel et d’avoir une meilleure conservation. Puis on le vend. (1000 GNF le kilo au marché).

phoca thumb m2 img 8M. kaba, saliculteur depuis plus de 15 ans, un des plus gros producteurs de sel solaire de Guinée, parvient à lui seul à produire de 20 à 25 kg de sel par bâche et 20 tonnes en 1 année. Grâce à ce métier il est parvenu à construire son propre bâtiment.
Pour finir, d’après nous, le sel solaire est une bonne technique, nous incitons tout le monde a en consommer car elle n’a que des avantages : elle permet aux producteurs d’avoir plus de temps pour eux et pour leurs familles, de gagner plus d’argent, d’éviter certaines maladies et elle joue un rôle important dans le développement durable.

 

Par Binta Marega, Thierno Diallo et Lahmine Bah. Photos: Binta Marega

Un grand merci aux habitants de Douprou, aux membres de la coopérative et à toute l'équipe de Coopération Charente Maritime, pour leur accueil et leurs explications.

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